Toute la classe politique s’est soumise à la dictature sanitaire… sauf “Les Patriotes” Par Florian Philippot

Interview de Florian Philippot sur Riposte-Laïque

Je suis de moins en moins l’ex-numéro 2 du RN et de plus en plus le président des Patriotes

Riposte Laïque : Cela fait trois ans que vous n’êtes plus au Rassemblement national, et que vous avez fondé un nouveau parti politique, appelé « Les Patriotes ». Cela n’a-t-il pas été difficile pour vous de quitter le premier parti de France, avec des structures solides et une présence régulière sur tous les plateaux, et de repartir de zéro ?

Florian Philippot : C’était bien sûr un choix pour le moins audacieux, car je quittais une situation confortable m’assurant quasi automatiquement présence médiatique et mandat. Mais je l’ai fait en pleine conscience, par respect pour le cœur de mes convictions, celles qui ont motivé mon engagement en politique.

Les deux premières années n’ont pas été faciles, je vous l’avoue, même si nous avons réussi l’exploit d’être candidat aux élections européennes avec bulletins de vote partout en France. Il fallait trouver notre place, montrer qu’on n’était sûrement pas « un petit FN ».

Mais depuis le début de l’année 2020 j’ai le sentiment que nos efforts paient. Les Patriotes connaissent depuis cette date une incroyable expansion en terme d’adhésions, de plus en plus rapide, qui me fait dire que notre identité propre commence à se bâtir. Notre visibilité sur tous les supports augmente, les contacts avec d’autres souverainistes sont plus faciles.

Je suis de moins en moins « l’ex-numéro 2 du FN » et de plus en plus le président des Patriotes, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Je ne peux y arriver que parce qu’il y avec moi et partout en France des équipes absolument incroyables, courageuses, hypermotivées et d’une solidité d’âme qui force l’admiration.

https://les-patriotes.fr/

Je suis fier d’avoir fait entendre, depuis plusieurs voix, une autre voix sur la gestion de la crise sanitaire

Riposte Laïque : Quel premier bilan tirez-vous de cette nouvelle aventure, et quelle est, à ce jour, votre plus grande satisfaction ?

Florian Philippot : J’en tire le premier enseignement qu’en s’accrochant à ses convictions, quand elles sont solides et sincères, on peut faire des miracles. Tout est fait aujourd’hui, aussi bien du point de vue réglementaire que médiatique ou financier, pour empêcher la création de nouveaux mouvements politiques. Les partis existants bénéficient de rentes de situation incroyables. Si vous voulez exister et tenir, vous développer, vous avez intérêt à travailler dur chaque jour et à ne jamais douter de votre combat. C’est mon cas, c’est le cas de nos troupes.

J’ai deux satisfactions principales : je suis très heureux d’avoir pu accélérer, avec bien d’autres, le rapprochement des souverainistes ces derniers mois, car ça me semble vital. Et très fier d’avoir pu faire entendre depuis des mois une autre voix dans la vie politique française sur la gestion de la crise sanitaire, qui me paraît aussi délirante que dangereuse.

La quasi-totalité de la classe politique s’est soumise à la dictature sanitaire… sauf nous !

Riposte Laïque : Comme nombre de personnalités politiques, vous avez soutenu la révolte des Gilets jaunes, en 2018 et 2019. Par contre, vous apparaissez comme le seul responsable national à contester le premier confinement, l’intérêt du masque, le couvre-feu et bien évidemment le deuxième confinement. Comment expliquez-vous l’incroyable soumission générale de toute la classe politique à cette dictature sanitaire, et à la suite de quelles circonstances avez-vous pris cette orientation, avec Les Patriotes ?

Florian Philippot : J’explique tout ça dans mon livre « Covid-19, l’Oligarchie démasquée ».

Dès le début j’ai senti que quelque chose clochait dans cette crise. J’ai beaucoup regardé les pays vertueux à l’étranger, j’ai pas mal d’amis qui y vivent (Scandinavie, Corée du Sud notamment) et qui me donnaient des nouvelles, et j’ai vite compris qu’on nous racontait absolument n’importe quoi en France, et que surtout on faisait n’importe quoi. On nage d’ailleurs de plus en plus dans le n’importe quoi. Il y a tellement de décisions à prendre 1 000 fois plus efficaces que ce qui est fait depuis des mois (leur stratégie marche tellement bien qu’on nous promet déjà d’être reconfinés tous les six mois !) et qui ont l’immense mérite de ne casser ni le pays ni nos libertés.

La quasi-totalité de la classe politique se soumet, oui, ça vous surprend vraiment ? Moi pas ! Ils se soumettent sur tous les sujets de toute façon !

Le RN a renoncé à sortir de l’UE, la suite de sa soumission est logique…

Riposte Laïque : Vous avez été au FN, puis au RN, durant plusieurs années, et vous en connaissez parfaitement le fonctionnement interne. Comment expliquez-vous que la position de ce parti soit aux antipodes de la vôtre, sur la crise sanitaire ? Pensez-vous que si vous étiez encore présent, vous auriez pu influencer utilement Marine Le Pen sur ce dossier ?

Florian Philippot : Je pense que j’aurais été terriblement frustré et malheureux si j’avais encore été au RN pendant cette crise !… On m’aurait sûrement accusé de remettre en cause la cohésion du parti mais je pense que j’aurais fait entendre ma propre musique, très différente en effet de la position du mouvement.

Quand j’ai quitté le FN parce qu’il renonçait à la sortie de l’UE et de l’euro (c’était la raison principale), je les avais prévenus qu’en tirant sur le fil de ce premier renoncement, tout viendrait petit à petit. Comme un habit qui se défait. Et que le ralliement peu au prou au mondialisme serait le terme naturel de tout ça. Je pense que c’est l’explication principale de leur position sur cette crise, finalement très « Gilead compatible ». Et entre-temps je remarque qu’ils ont aussi laissé tomber la sortie de l’Otan et plus récemment la sortie de la CEDH. Tout ça est cohérent et logique.

Le préfet Lallement désavoue Castex, et nous interdit de manifester !

Riposte Laïque : Vous avez appelé à un premier rassemblement de protestation, contre le couvre-feu, devant le ministère de la Santé. Et vous vous prépariez à appeler à une initiative, ‪ce samedi 7 novembre, contre le deuxième confinement. Cela est-il toujours d’actualité ?

Florian Philippot : Nous avons déclaré en préfecture cette nouvelle manifestation, mais, et c’est totalement incroyable, le préfet Lallement a pris contre nous un arrêté d’interdiction. Alors même que notre rassemblement au même endroit le 24 octobre s’était très bien passé et que Castex avait précisé au déclenchement du confinement que les « manifestations revendicatives » étaient autorisées ! Pire, le préfet de police a notamment justifié cette interdiction par le contexte du terrorisme : mais c’est donner raison aux islamistes que de renoncer à nos libertés ! Ils ont totalement gagné si nous perdons le droit de manifester parce qu’il y a la menace terroriste ! Je suis sidéré par cette interdiction. On va évidemment redéposer une demande pour vendredi prochain. Et on attaquera devant la justice administrative l’arrêté d’interdiction s’il devait y en avoir un nouveau. On ne va certainement pas laisser faire. Nous, nous ne voulons pas seulement parler, nous voulons agir. Comptez sur moi pour me démener contre ces atteintes à nos libertés fondamentales.

Je suis optimiste, j’ai confiance dans les ressources du peuple français

Riposte Laïque : Beaucoup déplorent la passivité de nos compatriotes, voire leur soumission, dans cette période où nos libertés les plus fondamentales disparaissent les unes après les autres. Partagez-vous cette analyse, ou bien pensez-vous, de manière plus optimiste, que la colère contre ce régime est profonde, et qu’elle ne demande qu’à éclater ?

Florian Philippot : Personne n’avait vu venir les Gilets jaunes fin 2018 et pourtant ils ont surgi d’un coup. Personne n’avait vu venir la victoire du NON sur la Constitution européenne en 2005 et pourtant il a triomphé. Le peuple français est plein de surprises. Donc fondamentalement je suis optimiste. Même s’il y a un élément à prendre en compte maintenant : beaucoup de nos compatriotes ont aujourd’hui physiquement peur de sortir, depuis que le pouvoir a prouvé qu’il était capable de crever des yeux et d’arracher des mains en guise de répression. Le gouvernement entretient aussi à fond la peur du virus, la parole publique ne tourne qu’autour de ça d’ailleurs : la peur ! C’est la peur qu’il faut vaincre. Après tout deviendra possible.

Les patriotes doivent être sur le terrain, on verra ainsi moins les antifas !

Riposte Laïque : Ne craignez-vous pas que la gauche, pourtant totalement complice de la politique de Macron, ne puisse récupérer un nouveau soulèvement populaire qui pourrait surgir d’une révolte contre le confinement, comme elle l’a fait pour les Gilets jaunes ? Comment, selon vous, empêcher un tel dévoiement ?

Florian Philippot : En occupant nous-mêmes le terrain ! Les patriotes doivent être sur le terrain, ça a toujours été mon opinion. Les antifas et autres suppôts de l’oligarchie n’occupent que le vide qu’on veut bien leur laisser !

La disparition de l’argent liquide serait une effroyable mise en esclavage

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur les hypothèses qui circulent, autour de l’accélération de la dictature du Nouvel ordre mondial, et du Grand Reset que beaucoup annoncent ? Y voyez-vous, comme le disent de nombreux médias, du complotisme, ou un réel danger pour les peuples ?

Florian Philippot : Cette accusation de complotisme est tellement bête ! C’est l’argument de ceux qui n’en ont aucun et qui pensent qu’on vit dans un monde de Schtroumpfs où les conflits d’intérêts n’existent pas, la corruption non plus, le règne du fric pas davantage. Zéro complot là-dedans, juste un regard lucide sur l’avidité et la cupidité des puissants, aussi vieille que le monde. Leurs moyens sont simplement aujourd’hui bien plus importants, grâce à la technologie et au numérique, voilà tout.

Ma grande crainte pour l’avenir proche porte sur ce qu’ils vont faire de notre épargne, et sur la disparition programmée de l’argent liquide, qui serait une effroyable mise en esclavage si on réfléchit deux minutes. Encore une fois ce n’est pas un complot, ils l’ont annoncé eux-mêmes et ont même déjà pris des textes de loi (directive européenne transposée en loi Sapin en France notamment, concernant l’épargne).

Le Frexit est indispensable, et il faudra rétablir notre monnaie nationale en une nuit

Riposte Laïque : Pensez-vous, dans ce contexte, plus nécessaire que jamais le Frexit, et comment verriez-vous, si vous aviez des responsabilités nationales, sa mise en place ?

Florian Philippot : Le Frexit est effectivement indispensable, même s’il ne réglera pas tout, car il faudra ensuite que la France se choisisse des chefs qui ont le sens de l’intérêt national et qui aient donc à cœur d’utiliser notre souveraineté retrouvée au service exclusif du peuple français.

Il faudra qu’on fasse le Frexit rapidement, la monnaie nationale devra être légalement rétablie en une nuit, car c’est par la monnaie et le circuit bancaire que les européistes nous tiennent et peuvent nous faire le plus de mal, on l’a vu en Grèce et à Chypre il y a quelques années.

On utilisera l’article 50 des Traités idéalement, mais si nous constatons que cela traîne trop, nous sortirons unilatéralement, en majesté. Nos amis britanniques, qui ont essuyé les plâtres, nous permettront d’y voir plus clair sur la meilleure stratégie à adopter.

Le départ de Jean Messiha va mal passer parmi la base militante du RN

Riposte Laïque : Jean Messiha, qui, dans un autre style que le vôtre, vous avait remplacé sur les plateaux de télévision, vient de quitter le RN, expliquant une divergence avec Marine Le Pen sur deux sujets : l’islam, qu’il se refuse à présent à appeler islamisme, et l’identité. Sur ces deux questions, n’êtes-vous pas plus proche des positions de la présidente du RN que de la vision plus islamophobe et identitaire de Messiha ? Pensez-vous que ce départ soit un coup dur pour le RN ?

Florian Philippot : Je pense bien sûr que ce départ va mal passer parmi la base militante du RN, car on préfère toujours voir son parti rassembler plutôt que s’étioler. Pour le reste je ne maîtrise pas tous les tenants et aboutissants de ce qui s’est passé et me garderai donc de porter un jugement trop précis.

Ma position est très simple : il faut arrêter d’urgence l’immigration légale et illégale, et reconduire chez eux tous ceux qui, en France, étrangers légaux, clandestins ou Français binationaux qu’il faudra déchoir de leur nationalité, montrent des signes d’hostilité à la France et élèvent leurs enfants dans la haine de la France. C’est un gros chantier qui n’est absolument pas réalisable si nous restons dans l’UE, Schengen et la CEDH. Mais c’est vital. La question islamiste, qui est une sous-question de l’immigration, sera très largement réglée dans le même élan.

Dans le même temps, je demande qu’on mette le paquet à l’école sur l’enseignement de l’Histoire plurimillénaire de la France : nos rois, nos héros, nos saintes et nos saints, nos victoires, nos grands hommes, nos penseurs, notre architecture, notre patrimoine, notre œuvre civilisatrice, etc.

Ma plus grande crainte est l’oubli de notre Histoire, qui rend largement dérisoire tout débat sur notre identité nationale.

Je ne suis pas du tout obsédé par 2002, car l’essentiel, c’est maintenant

Riposte Laïque : On sait que 2022 est loin, et que des choses graves se déroulent en ce moment dans notre pays. Mais vous êtes un responsable politique national, et vous ne pouvez pas ne pas y penser, car c’est dans 18 mois. Comment Les Patriotes, et leur président, se positionnent-ils, pour le moment, sur cette échéance capitale pour la France ?

Florian Philippot : Justement non, ce n’est pas du tout mon obsession. Je pense qu’on va être très surpris par tout ce qui va se passer d’ici 2022 de toute façon. Ma seule obsession aujourd’hui c’est que notre camp ne tombe pas dans la désespérance, c’est d’entretenir la flamme. Je ne sais pas du tout quand on sortira du tunnel, ni par quel chemin. Mais je suis certain qu’on en sortira. Pour le moment notre devoir est d’éveiller les endormis et de nous rassembler. Tout le reste me paraît anecdotique. De toute façon, la grande bascule ne se fera pas seulement par les urnes, il faudra qu’à côté une pression populaire maximale soit là. Croire que tout viendra d’une élection, même présidentielle, après quelques mois de campagne ultra-biaisée par l’engagement oligarchique des grands médias et l’argent qui se déversera sur les candidats du Système, c’est être au mieux terriblement naïf.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Florian ?

Florian Philippot : N’ayez pas peur !

Propos recueillis par Pierre Cassen

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