Quand un juge, membre du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) agresse quatre femmes. On peut se poser des questions!

Image d’illustration © Javier Garcia/BPI/Shutterstock/SIPA

Jean Cabannes, officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, aurait agressé au moins quatre femmes. Son mode opératoire ? Il changeait de wagon tant qu’il n’avait pas trouvé sa proie. 

On peut être haut-fonctionnaire, officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national du Mérite… et être un prédateur sexuel. Selon les informations du Parisien, Jean Cabannes, 65 ans, membre du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a été mis en examen le 19 mai dernier pour des faits d’agressions sexuelles dans le métro parisien et placé sous contrôle judiciaire. Il a été contraint de démissionner un mois plus tard, après le témoignage de quatre victimes.

« Un profil de prédateur »

Les caméras de vidéosurveillance de la RATP ont permis d’analyser le mode opératoire du suspect : le 5 février 2020, il était notamment filmé, en costume et écharpe bleue, changeant de rame à chaque station sur la ligne 7. « Il avait un profil de prédateur et ne restait dans un wagon que lorsqu’il avait trouvé sa proie », expliquent les enquêteurs au Parisien. Ce jour-là, une jeune femme de 19 ans était agressée sexuellement dans le métro par Jean Cabannes. Trois autres femmes, un peu plus âgées, ont-elles aussi été victimes du magistrat en 2018 et 2019, dans le même secteur. Un détail ont permis de rapprocher les quatre affaires : le suspect tremble anormalement des mains.

Le témoignage des victimes est glaçant. La plus jeune d’entre raconte aux policiers que Jean Cabannes est monté dans sa rame à la station Jussieu et qu’il est venu se poster directement derrière elle avant de toucher son sexe. Elle lui a alors demandé d’arrêter mais le prédateur l’a regardée avec un petit sourire en se léchant les lèvres d’excitation. La deuxième femme a expliqué qu’il lui avait également touché le sexe, toujours dans la ligne 7. La troisième qu’elle avait été abordé près de la station Châtelet par un homme qui lui a proposé un massage et lui aurait palpé les seins avant de l’embrasser de force. Et la quatrième que l’homme s’était assis sur un strapontin et aurait glissé sa main entre ses jambes.

Identifié par des commerçants

Finalement, Jean Cabannes a été identifié par des commerçants, ce qui a permis sa filature par la police. Placé en garde à vue, il a nié les faits. Mais l’exploitation de son téléphone a fini de le confondre : les enquêteurs ont en effet découvert les termes « exhib train », « peloter » ou encore des informations sur le harcèlement de rue et les sanctions pénales encourues dans la barre de recherche.

Issu d’une grande famille de juriste – son père était membre du Conseil constitutionnel – Jean Cabannes est un homme marié. Il continue, pour l’heure, de nier les faits qui lui sont reprochés et est décrit comme « outré et choqué » par son avocat.

1 Commentaire

  1. Et oui, on fait la moral le jour, et on se croit tout permis le reste du temps. De plus en plus classique, de la part de ces personnes suffisantes et imbues d’elles-mêmes qui se croient au-dessus de la race humaine de par leur statut…

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