L’islam nous fait la guerre, mais Jean d’Ormesson essaie encore de noyer le poisson

si tous les musulmans ne sont pas des terroristes

Monsieur d’Ormesson est un homme de grande qualité, de bonne extraction, et tout et tout… bien loin de mes racines de paysans de la Sarthe et du Perche. Fils d’ouvriers, de laborieux où chez moi, les livres, ceux des grands auteurs, ceux des cultivés ne tenaient pas le haut des tables de nuit.

Monsieur Jean d’Ormesson n’aurait donc eu aucune chance de finir sur le canapé de notre maisonnée. C’est ainsi. Sa prose aurait bien trop impressionné ma famille qui, en général, saluait respectueusement tous les hommes ayant une fonction qui se termine en « eur » comme instituteur, professeur, docteur, ingénieur, et j’en passe. Alors écrivain…

J’aime beaucoup Monsieur d’Ormesson. Il est le grand-père que tous et chacun aurait bien aimé avoir. Bel homme, yeux bleus pétillants de malice, et grande intelligence sans compter la culture immense !

Pour autant, cher monsieur d’Ormesson, vous m’avez quelque peu déçu dans votre opinion parue dans le Figaro le 23 décembre sous le titre révélateur, et oh combien juste: « Nous sommes en guerre ». Le Figaro l’assassine par son sous-titre. Il prend des précautions en affirmant que votre propos est un appel à combattre les terroristes de Daesh » qui se réclament « abusivement » de l’islam. Ben voyons. Qui abuse dans ce beau discours bien pensant ?

Le titre me va, et je me lance sur du d’Ormesson ! Vous faites un constat, vous expliquez avec beaucoup de talent les tenants et les aboutissants en y mêlant la géographie allant de nos villes de France en passant par l’Algérie, la Syrie, New-York, l’Afghanistan, l’horreur des attentats. Une guerre comme vous dites qui a quitté les champs de bataille et les armées. Pour dire dans la foulée « Ce sont des illuminés, des fanatiques, et des repris de justice, auxquels se joignent un certain nombre de « déséquilibrés ». »  Oh non, pas vous ?

Pas vous, Monsieur d’Ormesson  ! Je lis la suite de votre article et je constate que votre vision est probablement altérée. Ces yeux bleus égrillards, qui ont vu tant de choses n’auront donc rien vu. Ce magnifique cerveau capable de développer, comprendre, admettre, soumettre, ne souhaite manifestement pas aller jusqu’au bout de la logique de son titre en utilisant le mot « Daesch », obéissant en cela à Laurent Fabius qui a imposé sa volonté sur les journalistes et les médias en exigeant que ne soit pas utilisé l’expression « État islamique ». Vous qui n’êtes pas socialiste, vous avez pourtant succombé à l’impératif fabiusien.

Vous allez encore plus loin dans le pliage de couvertures, à défaut du brossage de chaussures. Vous faites dans le politiquement correct en prenant la précaution d’affirmer que l’islam est une grande religion qui a marqué l’histoire des hommes. La civilisation est à l’origine de quelques belles réalisations du génie humain. Dommage que vous ne précisiez pas les réalisations de ce génie.

Nous pourrions vous dire à la façon de « La gauche m’a tuer » que l’islam a aussi apporté un certain nombre de monstruosités humaines à commencer par les massacres commis par ce prophète créateur d’une si « grande religion ».

Nous pourrions vous expliquer par le menu que l’État islamique ne fait qu’obéir aux messages de ce prophète, tout comme Boko Haram.  Vous dites mon cher d’Ormesson, permettez-moi cette familiarité, que « Daesh » déshonore cette « grandeur de l’islam » pour tout de suite nous expliquer que « les musulmans en masse sont les premiers à condamner Daesch« . Hélas, monsieur d’Ormesson, nul ne sait encore où, ni dans quelle ville, ni quel département, dans quel pays les musulmans ont condamné « l’état islamique ». Où sont donc ces masses de musulmans qui manifestent leur horreur de cet « état islamique ? Nulle part mon cher Monsieur d’Ormesson.

Vous discourez bien, le charme opère sûrement, après le dîner qui sait… mais vous êtes comme ces alertes grand-pères qui se pensent encore jeunes, ont des ambitions, imaginent avoir la puissance, la force, et… laissent finalement la demoiselle se rhabiller. Vous n’êtes pas allé au bout et malheureusement, vous n’avez aucune excuse.

Un peu d’espoir reste, je vous sais raffiné, fin personnage, intelligent et quelque peu facétieux, je me dis que sous la plume il y a le sourire de l’ironie. Que celle-ci doit se planquer quelque part entre deux virgules, un point d’exclamation espiègle, mais non, je ne discerne rien. Ou alors, je n’ai pas compris ! La particule sans doute.

Vous réglez son compte au vilain Erdogan mais évitez d’égratigner ceux qui sont pour son entrée dans l’Union européenne, vous appelez à aider les Kurdes sans dire comment et avec quoi puisque vous ne souhaitez pas une intervention au sol. Bref, des incantations, des poncifs, des conseils. Rien de neuf sous le ciel rose de la « socia-lie » ! Pas mieux, répondent en coeur les incompétents et autres acteurs politiciens de la droite molle ! Les Chrétiens d’Orient peuvent mourir avec les Yazidis, Monsieur Jean d’Ormesson aura fait son possible. Pas question de jouer les Zemmour !

Tout cela est bien décevant. Nous sommes en guerre ! C’est une certitude mais si la réponse relève de la glace à la vanille, il est clair que nous allons perdre cette guerre ou au minimum, qu’un grand nombre de vies seront perdues dans des attentats divers commis bien sûr, par des déséquilibrés, des gamins en mal de papa et de maman et à qui l’on a dû retirer le biberon trop tôt, à moins que ce soient les mamelles de leur mère. Tous de braves petits maltraités par la société à qui l’on n’a même pas enseigné les règles premières de politesse à l’école. Sans doute pour éviter de les traumatiser encore plus. Hélas, le mal était fait et notre vilaine société n’a pas vu la misère de ces pauvres victimes qui trouvent finalement normal de trucider le « mécréant » à tout va, aux couteaux si possible comme à l’Aïd et désormais à la voiture bélier, comme recommandé par une vidéo de djihadistes enregistré en Syrie.

Monsieur d’Ormesson, je dois vous dire qu’il est bel et bien beau de tenir un langage de conciliation, de compréhension, mais pour cela, il faut être au minimum deux et cerner les réalités. L’islamisme, c’est l’islam en mouvement. Plus de 24 000 attentats dans le monde ne semblent pas vous interpeller. En réponse, combien de Musulmans ayant exprimé des regrets ? Certainement pas celui de l’Imam de Lunel qui lui, trouve tout cela bien normal. Il sévit encore dans sa mosquée. Qu’en pensez-vous Monsieur l’Académicien ?

Gérard Brazon (Le Blog)