Jean Messiha: une chance ou une perte pour le Rassemblement National ?

Encore un militant, un cadre de valeurs qui part du RN

Le départ de Jean Messiha est-il un coup dur pour le Rassemblement National ? Oui, je le pense car il était une voix, un enthousiasme, une présence forte, un pilier de ralliement qui nous faisait penser que le RN avait trouvé, enfin, un homme pour le représenter.

Le départ de Jean Messiha est-il un coup dur pour madame Le Pen ? Non, car elle n’a aucune conscience du mal qu’elle fait en se passant de femmes et d’hommes qui pourraient l’épauler, la soutenir dans son action, porter le flambeau des patriotes et affirmer la souveraineté de la France. C’est ainsi. (Source)

Jean Messiha

Madame Le Pen, tout au long de son règne au Front National, puis Rassemblement National, laisse derrière elle des soutiens dont elle n’a rien à faire. Elle se suffit à elle-même. Tous la disent sympathique, femme d’amitié, amoureuse des chats, etc. Mais trop disent qu’elle ne travaille pas assez, pas suffisamment sur ses dossiers. Nous avons pu le remarquer, hélas, lors du débat avec monsieur Macron.

Plus tard, elle a dit, lors d’une émission, qu’elle avait été épuisée par sa campagne. Pourquoi pas ! Cependant, cette fatigue ne l’a pas empêchée de fêter sa défaite, au soir du deuxième tour. Certains responsables du RN, un peu vicelards sans doute, ou par bêtise sûrement, l’ont filmée en train de danser toute souriante ce soir-là.

Ce sont des milliers de militants lassés par des discours contraires à ce qu’ils pensent, comme sur l’islam compatible, qui sont partis. Lassés par les trahisons aux dernières municipales contre des patriotes hors RN. C’est aussi aux anciens ou actuels élus du Rassemblement National qui sont passés par le conseil de discipline, ont été blâmés, dégradés, ou exclus tout simplement. Combien de ces femmes et de ces hommes sont encore dans des assemblés municipales, dans les conseils départementaux et régionaux qui ne sont plus au Rassemblement National. Le plus souvent, ils ont été écœurés des prises de positions, ont été déçus par la ligne menée sans avoir, au minimum, posé la question en interne aux élus, prendre la température des militants lors des réunions des fédérations, etc. La démocratie interne n’est pas le point fort de madame Le Pen. Les délégués départementaux sont nommés par la présidente, et ils sont virés par elle. Madame Le Pen se fiche de tous ceux qui, pourtant, ont tout donné et ont le plus souvent labouré les parkings pour rien, la plupart du temps. Certains m’en voudront de cette charge qu’ils trouveront         contre-productive. J’ai passé l’âge de me taire.

Que Jean Messiha, homme de grand talent, décide de partir est une perte certaine, une évidence, et souligne cette incapacité de madame Le Pen à réunir autour d’elle autre chose qu’une cour plus proche des chats ronronnant, allant à la gamelle, que de patriotes ne reniant rien, affirmant et donnant leur avis.

Jean-Lin Lacapelle (conseiller Île-de-France et député européen)

En quoi Jean Messiha était-il d’une qualité inférieure à Jean-Lin Lacapelle, au hasard, grand ami de madame Le Pen qui, après avoir quitté le Front National un temps, pour favoriser sa carrière à l’Oréal, est revenu dans les Hauts-de-Seine, tête de liste aux dernières régionales, ce qui provoqua un quasi-éclatement de la fédération ? Pourquoi Jean Messiha n’est-il pas un élu européen, compte tenu de sa valeur intellectuelle, comme un des élus au parlement européen ? Pourquoi lui a-t-on refusé d’être candidat à Paris aux municipales, donné des strapontins aux futures élections ? La réponse est simple : il tient trop de place, il est apprécié pour ses compétences par tous, y compris par les détracteurs du RN. Il fait de l’ombre à beaucoup qui sont dans l’entourage de madame Le Pen et sans doute à la présidente elle-même.

Après Florian Philippot, que je n’appréciais pas particulièrement compte tenu de ses penchants d’alliance avec d’hypothétiques souverainistes de gauche, mais dont j’appréciais les interventions justes dans les médias, c’est au tour de Jean Messiha, autre énarque, parlant plusieurs langues dont l’arabe, de culture chrétienne, farouchement français de cœur, objet d’insultes racistes par les islamo-gauchistes, extrêmement lucide sur l’islam, qui s’en va.

Comment susciter l’espoir ! Comment croire au Rassemblement National quand la présidente n’arrive pas à garder, dans son équipe, des cadres de haute valeur parce qu’ils feraient de l’ombre. Elle prouve, ce faisant, sa grande faiblesse. Elle sème de l’espoir, c’est vrai, mais au royaume des aveugles, le borgne est roi. Elle suscite le désir, l’envie de croire, mais nous voyons bien, avec les années qui passent, que si elle ne modifie pas ses analyses, refusant toujours de faire des alliances, de construire une Union des droites à égalité, ou tout au moins, une plateforme a minima, nous n’aurons à terme que du vent qui soufflera sur une France transformée en un désert domestiqué par l’islam.

Comment la présidente du Rassemblement National compte gouverner et appliquer un programme souverainiste si elle se tire à chaque fois des cartouches politiques dans le pied, comme par exemple sa position favorable à la fermeture des commerces de proximité ?

Elle ne s’y oppose pas ! Elle se couche devant les diktats de Macron, Castex et Véran. Personne ne la voit monter au créneau politique, si ce n’est sur la gestion antidémocratique du gouvernement qui va jusqu’à demander aux députés, de « sortir » de chez eux, de l’Assemblée nationale. Pire, sa trouvaille est de taxer Amazon qui, chacun le sait, reportera le coût de cette taxe sur les marchandises commandées par des Français qui eux, ne peuvent pas sortir et se fournir chez les commerçants. Amazon en fait, se moque bien des idées taxatrices « patriotes » de madame Le Pen. Les commerçants apprécieront, j’imagine. (source)

Comment gagner une élection en 2022, sans tenir compte de l’avis des patriotes et souverainistes de son propre parti, et de celui des souverainistes en externe qui tous travaillent et militent pour que cela se réalise un jour ? C’est désespérant.

Gérard Brazon

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